Mon dernier billet a été écrit à huit jours et à 6 000 kilomètres de celui-ci. Que de choses se sont passées depuis! D’abord l’accueillante et sympathique Matinale de la Société française des traducteurs samedi (45 participants), puis le cours d’un jour sur le thème « Simplifier sans niveler par le bas » lundi (13 participants), suivi du traduel à Paris Cité (devant 14 étudiants allumés) mardi, avant mon départ ferroviaire vers Lyon où je donnerai demain vendredi (le 25 octobre) le cours d’un jour intitulé « Libérez le génie de la langue! » (15 participants).
« Mais-mais-mais…! direz-vous, ça veut dire que tu étais libre toute la journée dimanche et encore aujourd’hui jeudi, gros chanceux/veinard? » Eh bien… oui et non! On ne soupçonne pas tout le travail qui doit se faire entre les lignes lors de ces tournées… Communiquer avec les organisateurs, avec les participants, réviser les contenus une nième fois, les peaufiner, les adapter à l’auditoire, se familiariser avec les lieux, régler les problèmes techniques (mon adaptateur USBC-HDMI s’avère lamentablement inopérant), rendre compte des événements à l’équipe restée au camp de base (et qui se lève affreusement tard d’un point de vue européen), alimenter les réseaux sociaux… Je compte encore visiter le Vieux Lyon aujourd’hui, mais on est déjà au milieu de l’après-midi, et jusqu’ici, j’ai passé toute la journée cloué à l’ordi dans ma chambre d’hôtel! Et encore, j’ai la chance de pouvoir compter sur la division « agence de voyage » de Magistrad en la personne de Caroline Tremblay!
Ça va mieux, François?
Je vous ai laissés, dans mon dernier billet, sur le stress que m’occasionne ce genre de voyage, et les plus assidus auront constaté également, sur les réseaux sociaux, qu’à l’épicondylite dextro-latérale et à la tendinite sénestro-polliciale déjà présentes à mon départ de Québec s’est joyeusement greffée une aphonie quasito-totale juste à temps pour la formation de lundi et le traduel de mardi.
Alors je vous dois bien un petit billet pour rassurer les plus émotifs d’entre vous : je vais bien. Très bien, même. Après tout, ne suis-je pas en train de me promener en Europe pour rencontrer des confrères et consœurs qui m’accueillent à bras ouverts? D’autant plus que, ce n’est un secret pour personne, j’adore la France et les Français (ce qui n’enlève rien aux Belges, nos compagnons d’armes face à la force de frappe de leurs voisins du sud). Et, pardonnez le cliché, mais je ne me lasse pas des croissants.
Le dernier billet a d’ailleurs eu un effet thérapeutique pour moi : dès qu’il fut publié, l’angoisse a laissé place presque entièrement à l’excitation du départ. Que voulez-vous, en digne représentant de l’espèce Homo sapiens, j’ai d’abord besoin d’être entendu!
Un TGV, c’est vite, mais c’est long
Il reste que, en déplacement, je suis une bibitte rare dans le monde de la traduction. Les traducteurs sont généralement de grands voyageurs, et particulièrement ceux que je fréquente, souvent des formateurs, des professeurs ou des responsables d’associations. Moi, ayant grandi et passé toute ma vie dans l’humble cocon d’une capitale provinciale en tentant de concilier tant bien que mal ma passion professionnelle et l’amour de ma famille, je suis encore un enfant devant un billet de train. Tenez, par exemple, vous le saviez, vous, qu’il y avait une différence entre une rame et une voiture dans un TGV? Je suis sûr que oui. Pas moi. Ayant un billet pour la voiture 3, hier, il a donc fallu que je me rende jusqu’au bout du train (et c’est long, un TGV) pour me rendre compte qu’il fallait que je surveille non pas les gros chiffres peints sur les voitures, mais les petits écrans numériques dont ils sont flanqués. Mais je me connaissais assez pour savoir que je devais arriver tôt à la gare, alors j’ai eu tout le temps voulu pour revenir sur mes pas (et constater que les TGV sont aussi longs dans un sens que dans l’autre).
Il va sans dire que Google Maps est mon ami. Il ne cesse d’ailleurs de m’étonner, allant même jusqu’à m’indiquer laquelle des 15 sorties je dois choisir en descendant du métro Gare de Lyon (qui, logiquement, est à Paris, comme chacun sait). Oh, et j’ai un petit truc à vous communiquer que, pour le coup (ça y est, le français hexagonal me rentre dedans!), vous ne connaissez peut-être pas : lorsque vous donnez à Google Maps un itinéraire à faire à pied, vous n’avez plus besoin de le regarder. Gardez-le dans votre poche et surveillez ses vibrations : long-court-court = tourner à droite dans 20 mètres; court-court-long = tourner à gauche dans 20 mètres.
J’ai ainsi pu crapahuter dans une bonne partie de Lyon, hier, pour me rendre compte que, contrairement aux établissements canadiens, les nettoyeurs (pardon : les pressings) français ne font rien à moins de 48 heures. La France lave peut-être plus blanc, mais le Canada lave plus vite!
À moi Lyon?
Au moment, où j’écris ceci, Lyon me tend les bras, avec un climat beaucoup plus clément que l’Île-de-France (soleil et près de 20° ici, contre pluie et nuages autour de 15° là-bas, grosso modo). Aurai-je le temps d’aller visiter les arènes pour rendre hommage à Blandine, cette jeune esclave chrétienne persécutée par les Romains, que les lions ont miraculeusement épargné en laissant le sale boulot au bourreau, en l’an de grâce 177? L’avenir nous le dira. En attendant, je dois être prêt pour mes Français à moi, ceux avec qui j’explorerai les joies de la technique de la feuille retournée demain.

Heureux que ce voyage te permette de faire de belles rencontres, de partager ton expérience et de manger des croissants (avec des confitures?). Merci pour le truc d’utilisation de Google Maps pour les promenades en ville.
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