Qui n’a pas rêvé de travailler à l’étranger ? Annik LaRoche Bradford, elle, a décidé de passer du rêve à la réalité. Grande voyageuse, la propriétaire d’Accent Communication est partie, en juin dernier, faire le « tour du monde » avec toute sa petite famille.
Armée de son portable et de sa fidèle clientèle — qu’elle avait bien préparée — elle a loué sa maison à Blainville, vendu sa voiture et bouclé 6 mois de bagages pour elle, son mari, et ses 2 enfants avant de mettre le cap sur l’Europe, première étape d’un périple dont tout n’est pas encore décidé.
Je lui ai rendu visite au mois d’août à Chepstow, dans le sud du Pays de Galles, et j’en ai profité pour lui poser les questions qui me trottaient dans la tête.
Annik, qu’est-ce qui t’a motivée à faire le grand saut?
Le voyage a pris racine dans ma tête et celle de mon mari Shane à l’été 2024, alors qu’on gardait la maison d’amis français à Phuket pour deux mois. C’était notre premier voyage de la sorte avec les enfants, et ça nous a fait grand bien de ralentir le rythme quelques semaines, de faire plus de choses ensemble qu’à l’habitude et de vivre une expérience enrichissante en famille. On s’est alors mis à rêver de le refaire à plus long terme. Nos enfants ont 7 et 6 ans, et on réalise à quel point le temps est précieux. Ils sont à l’âge d’être autonomes et curieux, mais pas encore tannés de suivre leurs parents… On s’est dit que c’était maintenant ou jamais! Alors, on a pris l’année pour préparer le tout.
Côté travail, ça se passe comment?
Heureusement, ce n’est pas mon premier voyage du genre. On a voyagé un an et demi avant la naissance de notre fille; je connais donc bien la routine et mes outils sont bien rodés. Mes clients savent que je continue à travailler, même à distance. Ça ne m’a donc jamais causé de problème. C’est le décalage horaire qui me donne plus de fil à retordre. En Europe, ça va encore, mais lorsqu’on était en Thaïlande l’an dernier, j’ai dû faire des rencontres à 23 h, par exemple. Il arrive aussi que mon mari et mes enfants partent pour la journée et que je doive rester derrière pour travailler. Je rate des occasions, c’est certain, mais c’est le compromis à faire pour avoir le style de vie qu’on désire.
Et la famille, ça va?
La famille a vécu beaucoup de changements depuis juin dernier, alors on apprend à s’ajuster, mais à date, tout se passe bien. Mon mari Shane, qui a quitté son emploi pour le voyage, a pris sur lui beaucoup de nouvelles responsabilités, dont celle de faire l’école aux enfants. En gros, on a inversé les rôles traditionnels : je travaille et il s’occupe des enfants, des repas, etc. On fonctionne maintenant avec un seul salaire, alors on doit faire attention à nos finances, surtout au Royaume-Uni, où la valeur du dollar canadien est très faible. Pour baisser nos coûts au minimum, on a fait le choix de garder des maisons pour avoir accès à une cuisine, une laveuse et parfois même une voiture. Toute la famille doit donc apprendre à composer avec une nouvelle réalité et un nouvel horaire, mais le jeu en vaut la chandelle. On est ensemble tous les jours, on a le temps de voir nos enfants grandir, et on découvre de nouveaux coins de pays. C’était le but!
Qu’as-tu à dire à ceux et celles qui voudraient faire comme toi?
Faites-le (mais faites-le bien)! Il y a beaucoup de choses à prévoir, de questions à poser et de solutions à mettre en place avant de partir pour éviter les mauvaises surprises. Mais ça se fait de façon progressive, une étape à la fois. Tout finit par se placer.
Il faut aussi accepter les sacrifices qui viennent avec un tel voyage – ce n’est pas tout simple et ce n’est pas tout rose. Il faut être réaliste et savoir se discipliner. Je ne suis pas en vacances, je ne suis pas en voyage; je vis ma vie à l’étranger pendant un an, c’est différent. Certaines journées sont excitantes, d’autres sont plutôt « ordinaires ». Et ça me va comme ça. C’est pareil à la maison! On ne peut pas déployer la même énergie au quotidien que pendant un voyage de deux semaines. Mais, entre ces journées « ordinaires », on vit des expériences mémorables qui justifient les efforts. Je partage mon expérience avec plaisir avec toute personne qui aimerait se lancer dans l’aventure, en espérant que je puisse lui épargner des erreurs en cours de route.
Merci Annik de nous faire voyager!
Je dois avouer que je suis un peu jalouse… Mais je me dis qu’au moins, j’aurai la chance d’aller voir mon amie dans des pays que je n’ai pas encore visités! D’ici là, je continuerai de vous donner périodiquement des nouvelles d’Annik. Déjà, je peux vous annoncer qu’elle prépare une formation sur la traduction touristique pour Magistrad. Demeurez à l’affût pour tout savoir!
